Corvées de nettoyage

Aide-mémoire Sans trace pour les corvées de nettoyage

De ville en forêt vous présente une version remaniée de l’aide-mémoire basé sur les sept principes Sans trace qui fut conçu à l’origine pour le programme Nettoyage des rivages d’Ocean Wise.  

Reproduction et utilisation libres : Merci de respecter notre droit d’auteur sur ce matériel éducatif en citant la source et en intégrant un lien vers notre site Web : © De ville en forêt, 2024 : De ville en forêt.

Les sept principes Sans trace Ι CORVÉES DE NETTOYAGE

Les sept principes Sans trace ont été éprouvés à travers tout le Canada, ainsi que dans la plupart des écosystèmes et habitats de notre planète. Ils serviront de guide pour effectuer un nettoyage empreint de respect envers la nature. Ils aideront également à réduire les impacts lors des activités en marge de la corvée : baignade, pique-nique, feu de camp.

Chaque site de nettoyage, parc urbain ou aire protégée que l’on visitera aura ses propres spécificités. C’est pourquoi, nous recommandons de chercher des informations auprès du propriétaire ou de la personne responsable du site, ou encore des autorités municipales, afin d’obtenir les informations les plus à jour sur les mesures de protection de la faune et de la flore à prendre.

Principe 1 Ι SE PRÉPARER ET PRÉVOIR

La liste noire canadienne des 12 types de déchets les plus courants nous montre clairement le lien entre pollution et habitudes alimentaires. Le ramassage des déchets empêche qu’ils se retrouvent ultimement dans les cours d’eau.

Conséquences des déchets pour la faune et la flore

  • Les animaux sauvages risquent de consommer des morceaux de plastique ou de styromousse qui peuvent bloquer leur système respiratoire ou digestif. Ils peuvent également s’empêtrer dans des emballages ou des objets de plastique ou d’aluminium.
  • La faune et la flore s’exposent aux contaminants et aux perturbateurs endocriniens qui s’infiltrent ans le sol et l’eau. Ces agents nocifs se retrouvent notamment dans les mégots de cigarette et les plastiques qui se fragmentent en microparticules.

Comment se préparer pour minimiser le problème des déchets à la source?

Bien se préparer évitera des dommages au milieu naturel. D’abord, penser à ce que l’on aura besoin d’apporter en vue de l’activité pour boire et manger, se protéger du froid, de la chaleur, du soleil et des insectes, et gérer ses propres déchets.

Avant d’arriver sur le site du nettoyage

    • Si on a l’intention de consommer de la nourriture sur place, acheter des aliments en vrac, les retirer des emballages et les réemballer dans des contenants réutilisables.
    • Mettre le maximum d’emballages acceptés au bac de récupération.
    • Éviter les surplus de nourriture. Prévoir des contenants réutilisables pour rapporter des aliments au cas où il en resterait.
    • Apporter une bouteille d’eau assez grande pour que chaque personne en ait suffisamment à boire pour la durée de la corvée.
    • Apporter un contenant pour rapporter les matières organiques, telles que trognons et pelures de fruits, écales d’arachides, coquilles d’œufs, qui pourront être compostés de retour à la maison.

Sur le site de nettoyage

    • Avant le nettoyage, identifier avec la personne responsable l’endroit où seront déposés les déchets collectés.
    • Quand l’on se retrouve avec des déchets autres que ceux de la corvée, les rapporter à la maison si l’on n’a pas pu les jeter dans des bacs ou des poubelles appropriés.
    • Surveiller la nourriture et la garder à l’abri des animaux pour empêcher qu’ils la dérobent ou s’emparent des emballages.

Principe 2 Ι UTILISER LES SURFACES DURABLES

Le ramassage des déchets risque d’entraîner les gens hors des sentiers. La végétation et les sols sont vulnérables au piétinement et à la compaction dans les zones non aménagées. Et lorsqu’ils sont dégradés, c’est l’habitat de plusieurs espèces qui est perturbé.

Comment se déplacer sur le site de nettoyage?

  • Emprunter les sentiers désignés, les trottoirs de bois, les plates-formes et les escaliers.
  • En zone non aménagée, se déplacer sur des surfaces qui résisteront aux passages : roche, gravier, sable, feuilles séchées, aiguilles de pin, bois, herbe sèche.
  • Conserver le mieux possible l’état des sols et de la végétation quand on récupère de gros rebuts.
  • Ramasser les débris avec délicatesse afin de protéger la flore fragile.

Principe 3 Ι GÉRER ADÉQUATEMENT LES DÉCHETS

Les tas de déchets emportés par les flots entraînent des nuisances pour la faune et la flore aquatiques et libèrent des substances toxiques dans l’eau. Dans leurs activités en plein air, les humains se débarrassent eux aussi de déchets en les rejetant dans un cours d’eau ou dans un lac.

Comment préserver la qualité de l’eau et la santé des humains et des autres espèces?

Éviter d’introduire des polluants dans l’eau

    • Essuyer avec une serviette humide l’écran solaire et le chasse-moustiques restés sur son corps avant d’entrer en contact avec l’eau. Opter pour une crème solaire sans nanoparticules présentant moins de danger pour les espèces aquatiques.
    • Si l’on doit laver sa vaisselle sur place, le faire à plus de 60 mètres d’une source d’eau. Répandre l’eau de vaisselle à grands jets sur le sol pour accélérer sa décomposition.
    • Utiliser à petite dose un savon biodégradable pour le lavage et les soins d’hygiène. Respecter toujours la distance de 60 mètres d’un cours d’eau.
    • Transvider la cendre de bois ou de charbon de bois naturel du barbecue ou de la boîte à feu au bac à cendres. La cendre ne doit jamais être versée dans un plan d’eau ni déposée sur la berge. Les nutriments qu’elle contient favorisaient la croissance indésirable de plantes aquatiques exotiques envahissantes.
    • S’il n’y a pas de bac à cendres sur le site, rapporter la cendre dans un contenant étanche une fois qu’elle est bien refroidie. Elle peut servir de fertilisant au jardin.

Bien gérer les excréments humains

Des déjections abandonnées sur les rives d’un cours d’eau, en bordure d’un milieu humide ou sur une plage vont généralement finir par s’écouler dans l’eau. Si un site ne dispose pas de toilette, l’enfouissement des excréments peut être une solution acceptable, mais à la condition de vous éloigner d’au moins 60 m de toute source d’eau. Lors de toute activité en plein air, évitez également d’exposer d’autres humains ou la faune aux agents pathogènes présents dans les selles. Trouvez un emplacement approprié à une distance minimale de 60 m (ou 70 grands pas) de tout sentier ou aires de jeu ou de pique-nique.

    • Se munir d’une petite truelle pour creuser un trou sanitaire à une profondeur de 15 cm dans un sol riche en humus.
    • Retirer d’abord la couche de matière organique qui se trouve à la surface du sol. Elle servira ensuite à camoufler le trou.
    • Ramener le papier de toilette et les produits d’hygiène menstruelle utilisés dans un sac ou un contenant hermétiquement fermé. Bien que ce ne soit pas l’idéal, on peut enfouir le papier de toilette dans le trou. Aucun autre déchet ni lingette ne doit être enterré.
    • Se savonner les mains ou utiliser un désinfectant une fois l’opération terminée et de nouveau avant de manger.
    • L’urine a peu d’effet direct sur la végétation ou le sol. Dans certains cas, elle peut attirer les animaux sauvages à la recherche de sels. Ils peuvent défolier les plantes et creuser le sol. Uriner sur les pierres, les aiguilles de pin et le gravier risque moins d’attirer les animaux sauvages. Diluer l’urine avec de l’eau peut aider à minimiser les effets négatifs. Uriner à 60 m des cours d’eau.

Principe 4 Ι LAISSER INTACT CE QUE L’ON TROUVE

La capacité de dispersion phénoménale des espèces exotiques envahissantes a entraîné des mesures de contrôle de leur propagation partout au Canada. En affectant la biodiversité locale, ces espèces perturbent les écosystèmes. On peut aider à freiner leur dispersion en retirant des cours d’eau les matières plastiques et autres déchets auxquels elles s’accrochent.

Comment limiter la dispersion des espèces envahissantes?

  • Demander de l’aide à la personne responsable du site pour reconnaître ces espèces problématiques. Prendre toutes les précautions exigées pour ne pas transporter d’espèces exotiques envahissantes d’un écosystème à l’autre.
  • Détacher entièrement les amas et résidus de plantes aquatiques, les boues et les organismes visibles à l’œil nu de son embarcation, de son équipement et de ses chaussures ou bottes.
  • Appliquer le même traitement aux seaux et aux outils utilisés.
  • Avant de quitter les lieux, brosser la boue et les débris végétaux de ses pantalons, gants de travail, chaussures ou bottes.
  • Jeter le tout à la poubelle pour prévenir la réintroduction de ces espèces dans le milieu naturel.

Principe 5 Ι MINIMISER L’IMPACT DES FEUX

Les services écologiques rendus par le bois sont si importants dans certains milieux naturels qu’il est obligatoire de le laisser en place. Par exemple, le long des côtes, le bois échoué agit comme un rempart devant les tempêtes en stabilisant les berges et freinant l’érosion. De même pour le bois mort tombé au sol qui constitue une ressource essentielle à la régénération des sols.

Comment protéger la forêt si l’on pense tout de même à allumer un feu?

  • Vérifier si les feux à ciel ouvert sont permis puisque les épisodes de temps chaud et sec de plus en plus fréquents forcent régulièrement les autorités à les interdire.
  • S’assurer d’avoir toute l’information au sujet de la prévention des feux en milieu naturel.
  • Se renseigner pour savoir si la récolte du bois est autorisée et si les ressources locales en bois sont suffisantes.
  • Préserver le bois échoué sur les berges en le laissant sur place.
  • S’éloigner de l’aire de feu et répartir le ramassage du bois sur une superficie assez grande pour limiter l’impact de la récolte.
  • Ramasser une quantité raisonnable de bois sec dont le diamètre ne dépasse pas le tour de son poignet.
  • Utiliser un emplacement désigné pour allumer un feu.
  • Entretenir un feu de petite taille.
  • Avant de quitter les lieux, s’assurer que le feu est éteint et que les cendres sont bien froides au toucher.

Principe 6 Ι RESPECTER LA VIE SAUVAGE

Afin de protéger et cohabiter avec les animaux, s’informer à l’avance auprès de la personne responsable du site pour connaître la faune locale ainsi que les précautions à prendre.

Comment préserver l’habitat des animaux?

  • Planifier son activité en dehors des habitats essentiels pour la reproduction tels que l’emplacement des nids, des terriers et des tanières.
  • Apprendre à reconnaître les espèces animales qui font l’objet d’une protection particulière et respecter leur habitat en les observant de loin.
  • De manière générale, se déplacer sans faire de mouvement brusque et parler sans élever la voix.
  • Si l’on se trouve en présence d’un animal, lui laisser la voie libre et attendre qu’il se déplace de lui-même.
  • S’éloigner davantage si l’on note un changement de comportement chez l’animal – poil dressé, oreilles par en arrière, arrêt de l’activité, signe de nervosité, etc.
  • Prendre des précautions supplémentaires pour repérer les nids d’oiseau dans les herbes hautes, en bordure des milieux humides et le long des rivages et des berges.
  • Laisser des branches, des rondins ou des pierres qui servent d’abri et protègent les petits mammifères, les reptiles ou les oiseaux.
  • Si l’on trouve un animal mort, blessé, malade ou anormalement agressif, ne pas s’en approcher et en informer la personne responsable du site.

Principe 7 Ι RESPECTER LES AUTRES

Certains sites ont connu une hausse vertigineuse de leur popularité à la suite de publications sur les réseaux sociaux. Malheureusement, dans bien des cas, on a dû restreindre l’accès à ces sites.

Une corvée de nettoyage redonnera sa beauté et son caractère naturel au site que l’on a choisi. Pourquoi ne pas activer le pouvoir des réseaux sociaux pour encourager ses amis à l’aimer et à s’y comporter de façon respectueuse envers la nature et les autres?

Comment amplifier l’impact positif des réseaux sociaux?   

  • Témoigner de son appréciation de la nature et de son expérience bénévole.
  • Parler des initiatives citoyennes de nettoyage.
  • Expliquer en quoi consiste la restauration des sites naturels.
  • Vérifier que le contenu de ses messages et de ses images reflète un comportement empreint de respect envers la nature.
  • Faire connaître les sept principes Sans trace.

Les sept principes Sans trace : © Leave No Trace : www.LNT.org Ι © Sans trace Canada : www.sanstrace.ca
De ville en forêt est un fournisseur autorisé du programme Sans trace au Québec et un partenaire du Leave No Trace et de Sans trace Canada : www.devilleenforet.com
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